En partenariat avec le CNRS, l'ENTPE, l'Université Lumière Lyon 2
LAET

Étude prospective des enjeux de la livraison du dernier kilomètre sous forme mutualisée et collaborative, ainsi que leurs articulations avec le concept d’internet physique

Face aux évolutions rapides qui affectent les pratiques de livraisons / enlèvements et compte tenu des enjeux, en particulier environnementaux mais aussi économiques et sociaux, qui sont liés à l’approvisionnement des activités économiques et des ménages ; la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer nous a missionnés pour réfléchir à ce que pourrait être la logistique urbaine de demain. En nous appuyant d’une part sur les évolutions passées et en introduisant les tendances émergentes, notamment dans les organisations et les technologies, mais aussi en nous projetant sur les mutations possibles, il s’agissait ainsi d’esquisser des scénarios de logistique urbaine à horizon 2030 faisant une large place à la mutualisation et à la collaboration.

 

Contact : Florence Toilier

Financement : DGITM
Partenaires : PMP, Logicités, ELV Mobilités

En croisant la littérature scientifique, les études de cas pratiques, les entretiens avec des experts de l’approvisionnement urbain, et en organisant un atelier de réflexion collective sur la prospective du transport de marchandises en ville, le consortium PMP-Logicités / LAET-ELV Mobilités a esquissé des portraits contrastés de villes et proposé la logistique urbaine à mettre en œuvre pour leur permettre de fonctionner.

Cette démarche prospective sur la "ville de 2030" a été conduite au cours d’un atelier mobilisant des acteurs variés (institutionnels, chercheurs, prestataires de transport, aménageurs, distributeurs, concepteurs de véhicules) afin d’imaginer le fonctionnement de la ville de demain, ses interactions et ses évolutions. Cette réflexion a intégré la manière dont les modes de consommation sont susceptibles d’évoluer, celle dont les populations se répartissent sur le territoire urbain, les mobilités associées à ces localisations, les modes de gouvernance envisageables, etc.

Atelier Prospectif

L’approche a ainsi intégré quantité de paramètres qui en plus d’être multiples sont également interconnectés et génèrent des variétés de comportements, de structures urbaines, de façons de vivre cette ville… En cohérence avec ces scénarios, nous avons proposé des organisations logistiques faisant appel à un partage des ressources (flux, infrastructures, véhicules, espaces, trajets, métiers). A cette fin, nous avons recensé les différentes formes de mutualisation / collaboration existantes de manière à enrichir les scénarios de ville par les pratiques de mutualisation les plus pertinentes eu égard aux caractéristiques urbaines.

3 modèles de villes ont ainsi été esquissés :

  • Une ville gravitaire qui accentue les tendances actuelles : forte ségrégation centre / périphérie, que ce soit pour les ménages ou pour les activités économiques. Fort concernement en faveur de la qualité de vie en centre-ville : véhicules électriques, bannissement des véhicules les plus lourds.
  • Une ville polycentrique où la mixité des activités et des populations est importante : développement d’une agriculture urbaine, de petits centres de production… L’implantation de ces centres se fait à proximité des gares ou stations de tram pour encourager l’usage du ferroviaire pour le transport des personnes comme des marchandises.
  • Une ville centrifuge où la notion d’espace tend à s’effacer sous l’effet du numérique : imprimantes 3D permettent de produire soi-même les articles dont on a besoin, tout est achetable sur internet et peut être livré à la demande, en moins de 2h, à un coût modique car la déréglementation a encouragé le développement des services de livraison pour les derniers mètres. Les transports à plus longue distance sont réalisés au moyen de conteneurs standardisés et connectés permettant d’appliquer les concepts de l’internet physique.

Précisions ici que la méthode utilisée (scenario planning d’Oxford) permet d’imaginer des images du futur contrastées et également plausibles, donc ni tendancielles, ni « souhaitables » ou « catastrophes ». Cette méthode part du plus général : les évolutions de l’environnement contextuel (économique, politique, environnemental, démographique…), intègre les évolutions qui touchent aux acteurs impliqués (établissements économiques, chauffeurs-livreurs, consommateurs, riverains…) pour parvenir aux effets de ces évolutions sur les organisations logistiques.

Une fois dressés ces paysages de la « ville de 2030 », le LAET a mobilisé la plate-forme SILOGUES pour simuler les effets respectifs de ces futurs possibles sur le nombre de livraisons / enlèvements, les distances parcourues, les émissions polluantes, etc. Ces simulations ont été construites à partir de deux agglomérations françaises bien différentes : Bordeaux d’une part, Besançon d’autre part. La confrontation de ces indicateurs entre la situation actuelle de ces deux agglomérations et leur forme future dans le cadre de ces scénarios permet de mettre en exergue les orientations les plus pertinentes pour limiter les effets externes du transport de marchandises en ville et de proposer des préconisations à l’attention des décideurs publics ou privés qui veulent s’engager dans une démarche de logistique urbaine durable.

Voir le poster de présentation